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LA LUTTE PALESTINIENNE TOUJOURS À L’ORDRE DU JOUR
La lutte de libération nationale palestinienne est
encore à l’ordre du jour malgré la férocité et la brutalité de la machine
de guerre israélienne largement financée par l’impérialisme américain. Au
cours de l’été 2006, la bande de Gaza a été soumise à une attaque militaire
de grande envergure de la part de l’armée israélienne qui a détruit
notamment l’unique centrale électrique de Gaza en plus de tuer un grand
nombre de civils palestiniens. La guerre d’Israël contre la bande de Gaza a
été quelque peu occultée par les médias bourgeois occidentaux à cause de la
guerre contre le Liban qui a été également profondément meurtrière et
destructrice. Encore une fois l’État sioniste a joui d’une impunité totale
en perpétrant ses innombrables crimes de guerre.
Plus récemment, au cours de l’année 2007, le
gouvernement israélien a tiré prétexte des attaques à la roquette des
groupes armés palestiniens pour imposer un blocus total à Gaza, réduisant
sa population à une famine grandissante et insupportable. Israël se targue
de son retrait de la bande de Gaza effectué à l’été 2005 quand il a retiré
ses colons et ses troupes de ce territoire qui est le plus densément peuplé
au monde. Par contre l’État sioniste contrôle toujours les entrées et les
sorties de Gaza qui est entouré d’une barrière électrifiée depuis 1994, ce
qui en fait une véritable prison à ciel ouvert. Pas étonnant que les
Palestiniens soient profondément réticents à se prosterner devant ce
soi-disant « geste de bonne volonté » du gouvernement israélien.
Il ne faut pas oublier que ce dernier n’a jamais caché ses intentions de
profiter du retrait de Gaza pour mieux renforcer son emprise sur la
Cisjordanie et y agrandir ses colonies de peuplement. Le principal conseiller
de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon, Dov Weisglass, a
déclaré noir sur blanc en octobre 2004 que le désengagement avait pour
objectif de geler pour de bon le processus de paix au Proche-Orient. Ce qui
n’a jamais empêché les impérialistes occidentaux et leurs médias de
présenter le retrait des quelques 8000 colons israéliens de la bande de
Gaza ainsi que des soldats chargés d’assurer leur « sécurité »
comme un pas vers la création d’un État palestinien et donc vers la
« paix » dans cette région du monde.
Tous les « processus de paix » bidon qui ont
été parrainés par les impérialistes américains et européens depuis le début
des années 90, que ce soit les Accords d’Oslo ou la Feuille de Route de
George W.Bush, ont permis à l’État sioniste d’intensifier la colonisation
des territoires palestiniens occupés depuis 1967 et d’y renforcer ainsi son
emprise générale. Pendant les années d’Oslo, soit entre 1993 et 2000,
Israël a doublé le nombre de ses colons en Cisjordanie et dans la Bande de
Gaza et a agrandi ses colonies, rétrécissant sans cesse les territoires
disponibles pour les Palestiniens. La célèbre poignée de main à Washington
en 1993 entre le premier ministre israélien Yithzak Rabin et le dirigeant
palestinien Yasser Arafat sous les auspices de Bill Clinton, a conduit à l’une
des plus grandes escroqueries du siècle dernier. « Le processus de
paix » d’Oslo n’a représenté en rien une quelconque avancée pour le
peuple palestinien et sa lutte de libération nationale. La direction de
l’OLP (Organisation pour la Libération de la Palestine) autour de Yasser
Arafat était trop heureuse d’obtenir un certain pouvoir en échange du
bradage des droits nationaux des Palestiniens. Les accords d’Oslo ne
comportaient aucune garantie pour la création d’un État palestinien viable
et indépendant, tout au plus on y parlait d’une vague entité palestinienne,
et aucune mention d’un quelconque gel de la colonisation israélienne.
L’Autorité Palestinienne nouvellement crée était de chargé de maintenir
« l’ordre » autrement dit de réprimer les masses palestiniennes
pour le compte des Etats-Unis et d’Israël. Ce qui permettait à ce dernier
de développer en toute tranquillité ses colonies, les yeux du monde étant
braqués sur le « processus de paix » en cours et la police palestinienne
assurant la sécurité des colons israéliens contre les attaques des
militants palestiniens. A l’été 2000 quand Yasser Arafat « osa »
rejeter les offres « généreuses » du premier ministre israélien
Ehoud Barak et du président américain Bill Clinton, qui visaient ni plus ni
moins à enfermer les Palestiniens dans des bantoustans non-viables sur le
modèle sud-africain, une intense campagne de dénigrement fut lancée par
Israël et les États-Unis contre l’Autorité Palestinienne coupable à leurs
yeux de « refuser la paix ». La vérité est plutôt qu’Arafat
craignait d’être éjecté de son poste s’il acceptait une offre aussi infâme
pour son peuple. La suite est connue, Ariel Sharon qui était alors le chef
de l’opposition de droite en Israël, effectua une visite provocatrice sur
l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem et la deuxième Intifada éclata pour
exprimer la colère des Palestiniens contre les conséquences désastreuses
des accords d’Oslo.
Quant à la Feuille de Route élaborée par le criminel de
guerre George W.Bush en 2003 après l’agression impérialiste contre l’Irak,
elle est tout aussi synonyme de fausses promesses et de spoliation pour les
Palestiniens que les accords d’Oslo. Israël n’a respecté jusqu’à présent
aucun de ses engagements, que ce soit le gel de la colonisation, la
libération des prisonniers palestiniens et le démantèlement des colonies
construites depuis 2001. En passant ce sont uniquement les colonies
illégales selon la loi israélienne, c’est-à-dire érigées sans
l’autorisation officielle de l’État sioniste, qui sont ciblées par la
Feuille de Route. Encore une fois, le gouvernement israélien a profité de
certaines périodes de cessez-le-feu comme à l’été 2003 pour intensifier la
colonisation des territoires palestiniens. Toutes les fractions de la
bourgeoisie israélienne, que ce soit les « colombes » du parti
Travailliste, les « faucons » du Likoud (droite radicale et
conservatrice) ou les « centristes » du nouveau parti Kadima
fondé en 2005 avec des transfuges travaillistes comme Shimon Peres,
partagent à quelques nuances près la même hostilité pour les droits
nationaux des Palestiniens et la même idéologie colonialiste, raciste et
impérialiste. C’est le parti Travailliste, qui en passant n’a rien à voir
avec le monde du travail malgré son nom, qui a entrepris la politique de
colonisation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza suite à la guerre des
Six-Jours en 1967. Pendant les années d’Oslo, ce sont encore une fois les
travaillistes qui ont été au pouvoir la majeure partie du temps et ils ont
été très généreux quant à l’octroi de permis de construction pour les
colons. Le petit parti de la gauche sioniste, le Meretz, n’est guère mieux.
Il était dirigé jusqu’à tout récemment par un des principaux architectes
d’Oslo, Yossi Beilin, et il a soutenu l’agression contre le Liban en 2006,
à l’exception de certains membres de longue date comme les anciennes
députées à la Knesset Shulamit Aloni et Naomi Chazan. Le grand mouvement
« pacifiste » La Paix Maintenant a lui aussi appuyé la guerre
contre le Liban et s’oppose au retour des réfugiés palestiniens au nom de
la préservation du sacro-saint caractère juif d’Israël. C’est facile de
faire des grands discours creux et grandiloquents sur la « paix »
tout en se ralliant au discours belliciste dominant dès que les premiers
bruits de bottes de la guerre impérialiste se font entendre.
La capitulation de la direction de l’OLP face aux
dirigeants américains et israéliens lors de la signature des accords d’Oslo
en 1993 montre plus que jamais l’impasse et l’échec de la politique de l’élite
palestinienne, qui cherche à collaborarer avec les puissances impérialistes
et l’État sioniste pour obtenir un mini-État palestinien. En janvier 2006,
le Hamas a été élu à la tête de l’Autorité Palestinienne. Ce vote a montré
le mécontentement face au Fatah de Mahmood Abbas à cause de sa corruption
et de sa politique conciliante face à Israël et aux Etats-Unis. Néanmoins
le Hamas n’est pas une alternative pour les masses palestiniennes. C’est un
mouvement islamiste qui veut créer un État musulman en Palestine basé sur
la Sharia ou loi islamique. Dans le passé il a mené des attentats-suicide
contre les civils israéliens, une tactique indéfendable et condamnable qui
pousse inutilement les travailleurs israéliens dans les bras de leur classe
dirigeante et qui nuit grandement à la cause palestinienne. Il y a
toutefois différents courants au sein du Hamas et il est faux, comme le
prétend la propagande israélienne et occidentale, de voir les militants de
ce mouvement comme étant tous des fanatiques religieux. Le Hamas fournit
depuis plusieurs années des services sociaux à la population palestinienne,
ce que ses rivaux du Fatah ne font pas. De plus, la cessation de l’aide
internationale aux Palestiniens à cause de la victoire du Hamas ainsi que
le chantage impérialiste suite à l’arrivée au pouvoir de ce mouvement à la
tête de l’Autorité Palestinienne sont complètement scandaleux et
inacceptables. L’élection de gouvernements dominés par la droite radicale,
voire l’extrême-droite, en Israël n’a jamais provoqué la moindre pression
politique et économique de la part des puissances occidentales. Il est à
noter que l’impérialisme canadien fût un des premiers à couper l’aide aux
Palestiniens, démontrant ainsi son entière fidélité à la vision du monde
des néoconservateurs américains et israéliens.
La stratégie à suivre pour les révolutionnaires
palestiniens est de lutter pour le renversement de l’État d’Israël ainsi
que des gouvernements arabes pro-impérialistes pour l’établissement d’un
État binational laïc, démocratique et ouvrier en tant que partie d’une
fédération socialiste du Proche-Orient où tous les peuples et toutes les
groupes religieux de la région, Arabes, Juifs, Kurdes, Musulmans et autres
vivront en paix et dans le respect absolu et intégral de leurs droits
respectifs nationaux, religieux et autres. Ils doivent chercher à rallier à
leur cause les travailleurs et les révolutionnaires israéliens ainsi que
ceux des autres pays arabes. La solution de deux États capitalistes côte à
côte est de moins en moins réalisable et sera difficilement viable, car la
bourgeoisie israélienne n’acceptera jamais la création d’un État
palestinien viable et indépendant à ses côtés, comme l’histoire des
« processus de paix » bidon l’a amplement démontré. Elle n’acceptera
jamais non plus de reconnaître le droit au retour pour les millions de
réfugiés palestiniens qui vivent encore parqués dans des camps de réfugiés
misérables. Pourtant le droit au retour des Palestiniens expulsés par les
sionistes en 1948 et en 1967 est une condition indispensable pour rendre
justice au peuple palestinien. De plus la multiplication des faits sur le
terrain par la construction massive de colonies et de routes de
contournement réservées à l’usage des Israéliens contribue à morceler
toujours davantage les territoires palestiniens. Le but du gouvernement
israélien d’union nationale, avec la présence des pseudos-colombes
travaillistes, est d’annexer la plus grande partie de la Cisjordanie et de ne
laisser aux Palestiniens que qu’une collection de bouts de territoires sans
aucune perspective de viabilité étatique. Tout ceci mène à la nécessité
pour le mouvement international de solidarité avec les Palestiniens de
participer activement à une campagne internationale en faveur du boycott, du
désinvestissement et des sanctions contre l’État d’Israël dans le but de
mettre fin à la politique de nettoyage ethnique et de dépossession exercée
contre le peuple palestinien. L’impunité totale dont jouit depuis longtemps
le gouvernement israélien doit cesser, sans quoi il n’y aura jamais de
justice ni de paix véritable au Moyen-Orient.
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